Par Jean-Louis Schaff,
Deux absents aujourd'hui : le maire du village rural et l'usager (rural aussi, pourquoi pas ?).
Qui s'est soucié aujourd'hui du premier kilomètre (la distance qui sépare la maison de quelqu'un du point d'accès au haut débit le plus proche quand il existe...) ?
Trois intervenants ont présenté le même carte de déploiement du haut-débit. 90% de la population serait située dans une commune ouverte au service d'accès Internet par adsl nous dit-on. Ce qui ne veut pas dire que 90% de la population puisse accéder au haut débit.
Il y a d'abord, les 10% qui sont exclus à cette date (et qui risquent de le rester...) Il y a ensuite tous ceux qui habitant une commune éligible sont à une distance incompatible avec l'adsl ou derrière une ligne équipée d'un MUX (dispositif qui permet à FT d'utiliser toutes les paires de cuivre d'une même ligne mais qui ce faisant rend impossible la mise en place technique de l'adsl). Il doit être possible de dire que 100% des communes éligibles contiennent sur leur territoire des zones blanches. Les spécialistes l'appellent : la fracture numérique de deuxième niveau...
Les maires de France savent-ils que l'arrivée de l'ADSL créera une fracture numérique au sein même de leur territoire. Savent-ils que ce ne sont pas les opérateurs qui vont devoir assumer l'inégalité d'accès au haut débit devant leur électorat, mais bien eux. Et qu'il s'agit de l'inégalité d'accès à ce que de plus en plus d'habitants considèrent comme un service de base. Même à la campagne où l'accès aux haut débit est aujourd'hui le service n°1 évoqué par les néoruraux comme conditionnant leur choix d'installation.
L'accès au haut débit sera-t-il un thème fort des prochaines municipales ? Il reste 2 ans aux opérateurs pour s'expliquer aux élus concernés et à ces derniers pour fourbir leur arguments...
L'analogie avec la desserte d'eau, de téléphone ou d'électricité permet de bien comprendre ce qui est en train de se passer. L'eau va arriver sur la place du village. Les plus riches (sous réserve d'habiter assez près de la fontaine) se verront desservir. Les plus distants auront peut-être l'eau, mais avec moins de débit à leur robinet. Les autres viendront à pied avec leur citerne...
Les maires d'aujourd'hui auront-ils la clairvoyance de leurs aînés et prendront en charge (aidés par les départements, les régions) la construction du réseau local pour rétablir l'accès de tous les concitoyens à l'Internet haut débit ?
Les pouvoirs publics veulent-ils aider dès aujourd'hui les projets qui travaillent à la mise en place du modèle économique (forcément mixte) d'un accès à un service de base de tous en tout point du territoire communal ? Et où s'élaborent peut-être les conditions d'un service public local d'accès au haut débit.
D'autant qu'une fois qu'il existe un réseau local, il devient possible d'y déployer des services communautaires bien intéressants et créateurs de nouveaux liens sociaux.
Une autre version de cet article sur le blog de la FING :
http://www.openfing.org/technosalternatives/index.php/?2005/06/22/98-deux-absents-le-maire-du-village-rural-et-lusager---jean-louis-schaff
C'est le cas de mes parents et des quelques habitants d'un village en Charente-Maritime à Jazennes. Le village est sur l'adsl, et les maisons à la périphérie rament (pour ceux qui sont sur le réseau internet) avec le bon vieux modem à 56 k. Le maire de la commune est de plus conseiller général. Le Wimax peut être une solution alternative à la condition que les élus s'impliquent localement.
Rédigé par : Gengoult | 14 décembre 2005 à 18:32
Je crois que c'est malheureusement le cas de milliers de village qui ont tous une zone grise plus ou moins étendue. Le marketing de FT (j'allais écrire et de ses concurrents, mais à la campagne il y en a très peu...), a convaincu les élus dont manifestement le sens critique ne s'est pas exercé comme il aurait du...
Même raccordé à l'adsl les habitants des campagnes resteront exclus, ne serait-ce que des offres intégrant : internet + téléphone + télévision qui, elles ne seront accessibles qu'aux urbains.
Les campagnards en zone non dégroupée continueront à payer leur abonnement à FT et leur installation satellite.
Les solutions existent mais nécessitent une organisation locale. Voir le projet haute aspe haut débit pour un exemple (http://www.haute-aspe.net).
Rédigé par : jlschaff | 14 décembre 2005 à 20:52
Leer el mundo blog, bastante bueno
Rédigé par : FluiMe-online | 06 mars 2010 à 04:21